Une chute à vélo, une moquerie puis une bagarre qui dégénère. Jusqu'à la mort d'un jeune garçon, tué d'un coup de couteau dans le coeur. Au départ, l'attente et l'ennui, quelques heures d'une nuit, devant une gare et une station de bus. Au final, une vie fauchée et deux autres abîmées.
La rixe durant laquelle un garçon de 17 ans a été tué et deux de ses camarades grièvement blessés, à deux pas du parvis de la gare de Lyon, mardi matin à l'aube à Paris (XIIe), semble avoir commencé pour un rien. Un rire de trop, quelques regards, une virilité blessée... Cette fois, pas de rendez-vous pour en découdre ni de guerre de territoire. Cette fois, ni honneur à venger ni trafic à défendre. « Une rencontre fortuite entre quatre jeunes de l'Essonne et une trentaine de la Seine-Saint-Denis », établissent les premiers éléments de l'enquête, confiée à la 2e division de police judiciaire, qui a placé en garde à vue quatre des agresseurs présumés....
A l'arrivée des policiers, trois corps gisent sur le bitume tandis que d'autres protagonistes s'éparpillent dans les rues voisines. Les secours ne parviendront pas à réanimer Mamadou Fofana, 17 ans, qui vivait à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Issu d'une fratrie de six enfants, ce garçon est décrit par ses voisins comme « posé, calme et toujours souriant ». « Il était plutôt du genre à fuir les conflits et à vouloir jouer les médiateurs », affirme Zachary, 22 ans, l'un de ses amis et « cousin » de coeur. « Et dire qu'il m'avait dit qu'il n'avait pas trop envie de sortir ce soir-là », soupire une proche voisine, accourue, comme tout le quartier, auprès de la mère du défunt. A Athis-Mons (Essonne), d'où les quatre agresseurs présumés sont originaires, le drame a aussi semé la désolation. On y affirme qu'il n'y existe pas de « bandes » tout en renforçant les patrouilles. Le motif a beau s'avérer futile et la logique des bandes rivales être ici atténuée, souligne le chercheur Sébastien Roché, l'enjeu de ce genre d'affrontement demeure toujours « l'honneur ».